Nael manage
NaeL, c’est un petit garçon de 8 ans avec un radar à absurdités d’adultes réglé au maximum.
Gilet fluo sur le dos, yeux grands ouverts, il débarque dans l’atelier et pose les questions que personne n’ose poser :
« Pourquoi vous vous parlez comme ça ? »,
« Pourquoi tout est urgent, tout le temps ? »
À travers son regard d’enfant, NaeL met en lumière ce que nous avons parfois laissé sur le bord de la route : le respect, le bon sens, l’écoute, la cohésion.
Il ne donne pas de leçons, il rappelle juste ce qu’on nous a appris en maternelle… et qu’on a un peu oublié en grandissant.
Le jour où un enfant a remis de l’ordre chez les grands
NaeL est tout excité : aujourd’hui, il vient au travail avec son papa.
Dans l’ascenseur, il lui demande :
— « Dis papa, au travail, les gens sont gentils comme à l’école ? »
— « Euh… oui oui… enfin… ça dépend des jours. » répond papa, pas très sûr.
Le bonjour oublié
Ils arrivent dans l’open-space.
Papa avance vite, les yeux sur son téléphone.
Les collègues passent les uns à côté des autres sans un regard, sans un sourire, sans un “bonjour”.
NaeL s’arrête net, l’air choqué.
— « Papa ! Mais personne ne dit bonjour ici ? »
— « On est pressés, on a beaucoup de boulot tu sais… »
NaeL se tourne vers les adultes :
— « À l’école, la maîtresse elle dit : on commence toujours par se dire bonjour, sinon on ne fait pas de beau travail ensemble. Vous avez oublié ? »
Un peu gênés, les adultes se regardent.
Une collègue ose un « Bonjour tout le monde… »
Puis un autre, puis un autre.
L’open-space change de température d’un coup : ça respire un peu.

La réunion où tout le monde parle en même temps
Plus tard, papa emmène Naël en réunion.
Sur la table : des laptops, des cafés froids, des mines fatiguées.
À peine la réunion commence qu’ils se coupent tous la parole.
— « Non mais moi je t’explique… »
— « Attends, c’est pas ça le sujet ! »
— « On n’a pas le temps, on fera ça plus tard ! »
Les voix montent, les regards se durcissent.
NaeL prend sa petite voix mais bien claire :
— « À l’école, quand on parle tous en même temps, la maîtresse elle sort la balle qui parle. Celui qui a la balle, il parle. Les autres, ils écoutent. Vous voulez que je vous montre ? »
Il attrape une balle qui traînait dans le bureau (ou une gomme, peu importe) et la pose au centre de la table.
— « Bon, qui commence ? »
Tout le monde éclate de rire… mais le fait.
Ils se mettent à parler chacun à leur tour.
Les idées deviennent plus claires, la tension retombe.
Le manager lâche même :
— « C’est pas bête ton truc, NaeL… »

Le café renversé
En sortant, un collègue bouscule une chaise et renverse son café sur le sol.
— « Super… c’est ma journée tiens… » grogne-t-il.
Personne ne bouge, tout le monde souffle, lève les yeux au ciel.
NaeL, lui, court chercher du papier, une éponge, revient et dit :
— « C’est pas grave, ça arrive. Viens, on nettoie ensemble. À l’école, quand quelqu’un fait tomber quelque chose, on l’aide, on ne se moque pas. »
Un collègue se lève.
— « Tu as raison, je vais l’aider. »
Puis un autre vient tenir la poubelle.
En deux minutes, c’est réglé. Mais surtout, personne n’a rajouté une couche de reproches sur une petite erreur.

Le mail qui pique
Plus tard, papa reçoit un mail tout en majuscules, avec plein de points d’exclamation :
IL FAUT FAIRE ÇA POUR CE SOIR !!!
C’EST URGENT !!!
Papa souffle.
NaeL lit par-dessus son épaule.
— « Pourquoi il crie ton collègue ? »
— « Il crie pas, c’est juste un mail… »
— « Bah si, quand on écrit tout en grand et avec plein de « ! », c’est comme si on criait. Nous, la maîtresse elle dit : on peut demander les choses gentiment, même quand c’est important. »
NaeL réfléchit, puis propose :
— « Et si tu répondais avec des mots gentils ? Tu peux dire ce que tu peux faire… sans crier. »
Papa écrit :
« Bonjour,
Je comprends l’urgence. Je peux traiter telle partie aujourd’hui, et le reste demain matin.
Bonne journée, »
NaeL sourit :
— « Voilà. À l’école, quand on a un problème, on explique. On ne crie pas. »

Le “bravo” qu’on a oublié
En fin de journée, une collègue vient voir papa :
— « J’ai terminé le dossier compliqué dont personne ne voulait. »
— « Super, merci. » répond papa sans lever la tête de son écran.
NaeL le regarde, interloqué.
— « Papa… à l’école, quand quelqu’un fait un truc difficile, on applaudit. Ou on dit bravo fort. Tu ne veux pas lui dire, devant les autres, que tu es fier ? »
Alors, à la pause, papa réunit quelques collègues :
— « Je voulais juste dire bravo à Julie qui a bouclé le dossier DUPOND. C’était costaud. Merci. » Julie rougit, les autres applaudissent.
L’ambiance change encore d’un cran.

Le moment de vérité
Sur le chemin du retour, papa demande à NaeL :
— « Alors, tu penses quoi de mon travail ? »
— « Je crois que vous travaillez beaucoup trop… et que vous avez oublié des choses simples : dire bonjour, écouter, aider, remercier. Nous, les enfants, on apprend ça tous les jours. Vous voulez que je revienne vous le rappeler ? »
Papa rit, un peu gêné, mais touché.
Le lendemain, au bureau, sur un tableau blanc, quelqu’un avait écrit :
“Règles de NaeL manage” :
- On se dit bonjour.
- On écoute vraiment.
- On aide au lieu de juger.
- On demande sans crier.
- On remercie et on célèbre.
Et bizarrement… les adultes s’y sont mis. Au final, nous sommes des grands enfants, non !?
Si tu veux revoir NaeL, dis-le moi.
Je suis Jérémy LIENNASSON – Fondateur de Rési-Lean
🌿 J’accompagne les entreprises vers une performance plus humaine, plus durable, plus résiliente
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J’aime beaucoup ce format où tu montres les dysfonctionnements à travers les yeux d’un enfant. Ces règles de Nael sont essentielles et la base pour garder le lien humain. Sans cela nous nous éloignons les uns des autres.